LE MONDE DE HARRY POTTER

Harry Potter, de la version anglaise à la version française

UN CERTAIN ART DE LA TRADUCTION

par Franck Ernould

Tome 1 : Harry Potter à l'École des Sorciers et tome 2 : La chambre des Secrets

actualisé le 20/07/2002

Outre la création de ses intrigues, l'inventivité de H.K. Rowling se manifeste aussi dans les patronymes, noms de lieux, de sorts... Possédant la version originale intégrale, nous nous sommes livrés au jeu des correspondances. Une comparaison intéressante, qui laisse respectueux devant le talent du traducteur, Jean-François Ménard, mais qui pose aussi quelques questions concernant la pertinence de certaines des nombreuses coupures de texte...

Tome 1 : Harry Potter à l'École des Sorciers/Harry Potter and the Philosopher's Stone.

Que faisiez-vous le 9 octobre 1998 ? C'était la date de sortie de ce livre de poche ! La différence commence dès le titre ! Là, Jean-François Ménard n'y est pour rien, c'est l'éditeur, semble-t-il, qui a reculé devant le mot "pierre philosophale", trop évocateur des paysages sulfureux et moyenâgeux de l'alchimie. Craignant que ce terme quelque peu ésotérique ne détourne les lecteurs francophones de l'ouvrage, Gallimard Jeunesse adopte un titre nettement plus banal, ne décrivant pas ce qui se passe dans l'ouvrage comme c'est le cas pour les autres tomes, mais qui a au moins le mérite (?) d'une ambivalente neutralité, inséparable de l'absence de prise de risque. Une démarche de "lissage" hélas très répandue en France, qu'il s'agisse de traduction littéraire, de doublages de films... Le fier coq gaulois, si fièrement dressé sur ses ergots lorsqu'il s'agit de défendre la Culture, serait-il en fait si pusillanime ?

Les plus curieux d'entre vous se sont peut-être demandé pourquoi les tee-shirts ou les capes de sorciers estampillées Harry Potter, qui sont omniprésentes dans les catalogues de Noël, portent la lettre "H". Scoop : en Anglais, l'école de magie ne s'appelle pas
Poudlard (un nom qui a pourtant une consonance bien anglaise), mais Hogwarts ! Le dictionnaire nous apprend que hog signifie porc châtré, wart une verrue, et wart-hog, un phacochère ! Bref, de Hog+wart à "Pou de lard", il y a une marge ! Cela dit, ce nom en vaut un autre, et Ménard reste cohérent avec lui-même, puisqu'un peu plus loin dans l'ouvrage, le terme Hoggy Warty se trouve fort logiquement traduit par "pou du lard"... Peut-être une explication concernant ce nom nous attend-elle dans les livres 5, 6 et 7 !

À propos des quatre maisons de Poudl... pardon, Hogwarts, elles portent les noms de Slytherin, Hufflepuff, Gryffindor et Ravenclaw. Traduction quasi "mot à mot" pour ce dernier nom, claw = serre et raven = corbeau, Ménard a changé d'oiseau et choisi Serdaigle en français. Pour Hufflepuff, il a recherché l'alitération (Pouffsouffle). Slytherin devient, annonciateur de la suite du livre, Serpentard (nous n'avons pas trouvé le sens du mot slyther, avec un "y", vieil anglais sans doute : slither, avec un "i" signifie, en revanche, onduler comme un serpent...), et, par "francisation", Gryffindor devient Griffondor. À signaler aux adeptes du jeu vidéo, localisé en français, que les décors continuent à porter les termes anglais...

En anglais,
Moldu (non-sorcier) se dit... Muggle. La plupart des noms propres des personnages principaux de Harry Potter sont conservés : Hermione, Hedwige, les Weasley, dumbledore, McGonagall... En revanche, en ce qui concerne les personnages secondaires, plus anecdotiques, et les noms de lieux, Jean-François Ménard s'est livré à un astucieux travail de "transposition", ou il les a "francisés" au point de vue prononciation. Il ne fait que suivre la tendance adoptée par J.K. Rowling, qui n'hésite pas à créer en anglais des noms un peu folkloriques dès qu'elle en a l'occasion. Madam Malkin devient Madame Guipure, ... Griphook devient ainsi Gripsec. Grip donne l'idée de serrer, et Hook est un crochet. Hélas, Gripsou™ était déposé par Walt Disney France...

Parmi les camarades de Harry, le cas de Neville Longbottom est amusant : son nom se voit francisé en Londubat (homonyme de "long du bas" : bottom signifie "postérieur"). En revanche, un autre camarade, Parvati Palil, disparaît carrément de la traduction française... Draco Malfoy gagne un "e" et devient ainsi Drago Malefoy, "dragon de mauvaise foi" en vieux français, ce qui colle fort bien au personnage ! Quant au rat décati de Ron Weasley, il s'appelle Skabbers en VO, Croûtard en français. L'adjectif "scabby" signifie en anglais "pouilleux", "mesquin", et "cab" croûte, mais aussi, dans une autre acception, "jaune", celui qui ne suit pas le mot d'ordre de grève. Ceux qui ont lu le Tome 3 apprécieront : Rowley annonce la couleur dès le début !

La rue de Londres qui donne accès au monde parallèle des sorciers s'appelle, en VO,
Diagon Alley. Belle invention de J-F Ménard, qui traduit Diagon Alley (jeu de mot sur diagonale/diagon-allée, impossible en français) par le très poétique "chemin de traverse".
J-F Ménard a trouvé une belle équivalence pour le
sorting hat, chargé de répartir les élèves par établissement. Le terme, en anglais, signifie littéralement "chapeau trieur" à la limite de la banalité. Il devient en français, fort joliment, le "choixpeau".

Ce n'est pas sans un certain amusement que nous avons vu apparaître, dans le catalogue d'Halloween d'une certaine chaîne de grande distribution , de VRAIES "chocogrenouilles" et des "dragées surprise de Bertie Crochue". L'imagination de J.K. Rowling a vite été rattrapée par les démons du marketing... Là encore, Ménard a laissé libre cours à sa créativité ! Les chocogrenouilles s'appelaient platement, en VO,
Chocolate Frogs ; rappelons que les Français sont qualifiés de froggies par les Anglais, puisque nous avons la détestable habitude de manger des grenouilles. Chez nous, les bonbons au chocolat prennent diverses formes animales, mais, il est vrai, rarement celles de grenouilles... Quant aux dragées surprise (Bertie Bott's Every Flavor Beans), ce sont des confiseries en forme de haricot, des jellybeans, à tous les parfums. Pourquoi Bertie Crochue ? Nous n'avons pas trouvé la signification de Bott... Belle équivalence entre patacitrouille et Pumpkin Pastie (pumpkin = citrouille, justement), les Cauldron Cakes deviennent fort logiquement les fondants (et non les gâteaux) du chaudron, les Drooble's Best Blowing Gums sont traduits par les Ballongommes du Bullard, et les Licorice Wands restent tout bonnement, traduction littérale, des baguettes magiques à la réglisse.

En ce qui concerne la monnaie des sorciers, Ménard trouve encore de jolies équivalences, avec des mots à la fois désuets, évocateurs et poétiques ; les
sickles (faucille) deviennent des mornilles, le galleon (17 sickles) un galion (en français, c'est sorte de bateau) et les knuts (de knout, instrument de torture, sorte de fouet) des noises.

Le chien de Hagrid s'appelle
Fang en VO, c'est-à-dire "crocs". Le terme passe mieux avec un adjectif derrière, il devient donc Crockdur... La lecture de l'anglais réserve une surprise de taille : Hagrid a un accent populaire à couper au couteau ! Qui a complètement disparu de la traduction française de Jean-François Ménard. Sans doute celui-ci a-t-il craint (à raison &endash; essayez un peu !) que l'adopter donnerait à cet attachant personnage un côté vulgaire ou rural que l'anglais ne possède absolument pas... À moins que, là encore, l'éditeur ait préféré ne pas prendre ce "risque" ! Dans le film, il reste en VO un accent, mais pas mal tempéré....

Les occupants de Poudlard portent, là encore, des noms très imagés. Équivalence stricte pour Nearly Headless Nick, qui devient Nick Quasi-Sans-Tête (il explique d'ailleurs un peu plus loin l'origine de ce nom imagé) ; en revanche, le Professeur Rogue (adjectif assez péjoratif en français) s'appelle Snape en anglais (snapy signifie "irritable", ce qui convient bien au personnage !), le concierge Mister Filch devient Rusard (c'est vrai que sa méchanceté le rend rusé ; pourtant, "to filch" = chiper, chaparder) ; sa chatte, Mrs Norris, est francisée en Miss Teigne (encore un nom évocateur du caractère de celui qui le porte), Madam Hooch devient Madame Bibine (le mot "hooch" désigne un whisky de mauvaise qualité), et l'infirmière Mrs Pomfrey devient, par homonymie, Madame Pomfresh. Un peu plus tard dans le livre, le Professeur Sprout (chou) devient... Chourave (le nom aurait presque mieux convenu au concierge Rusard !) ! Rien de plus simple que de franciser le nom du capitaine/entraîneur de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, Wood : Dubois, tout simplement !

On peut se poser des questions sur la validité de la francisation des personnages "secondaires", en laissant les noms des personnages principaux inchangés ou presque. "Les aventures d'Aristide Potier" n'auraient sans doute pas le même succés, sans parler du merchandising et du logo commercial qui devrait changer d'un pays à l'autre... Harry Potter™, ça parle en toutes les langues &endash; c'est ça aussi, la globalisation.

Les noms des sorciers du temps jadis sont soumis au même traitement :
Ulric The Oddball est traduit par Ulric le follingue (traduction littérale !), et Emeric the Evil par Emeric le Hagueur.

Quelques équivalences de noms de sorts :
Remembrall se traduit simplement par Rappelltout (racourci de remember all), Leg Locker (verrouilleur de jambes) par Bloque-Jambes.

C'est dès le premier tome qu'on voit apparaître le titre d'un journal appelé à tenir une place bien plus importante ensuite (dans le troisième et le quatrième, notamment) : le
Daily Prophet, qui devient la Gazette du Sorcier (le site Web du même nom, en langue française, est tout à fait recommandable). Dans le même ordre, l'examen OWL (Ordinary Wizardry Level), "niveau de sorcellerie ordinaire", dont les initiales forment en anglais le mot "hibou", devient BUSE (Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire). Autrement dit, on reste dans les noms d'oiseaux !

Venons-en au Quidditch : le
Chaser devient le poursuiveur, le Keeper est évidemment le gardien de but, le Seeker est l'attrapeur ; quant au Quaffle se transforme en Souaffle, le Bludger devient le cognard ("to bludgeon" = matraquer) et le Snitch Golden, le Vif d'Or ("snitch" = nez/pif, ou chaparder).

Au final, quelques belles inventions, mais une grande fidélité à l'espritLe premier tome des aventures de Harry Potter est assez plan-plan, la traduction en est donc, fort logiquement, le reflet ! Mais le texte évolue...

  Livre 2, La chambre des Secrets/Harry Potter and the Chamber of Secrets.

Dans le second volume, sorti en France le 23 mars 1999, les choses sérieuses commencent, avec notamment des personnages plus marqués, moins stéréotypés, plus inattendus. Ainsi, le Professeur Gilderoy Lockhart, très narcissique, imbus de sa personne, grand diseur, soucieux de son fan-club, devient le premier caractère irritant créé par J.K. Rowling. Auteur abondant (son juron favori n'est-il pas "Nom d'un best-seller !" ?) et fat, Lockhart rappelle à l'auteur de ces lignes un professeur de dessin industriel/fabrication mécanique lui aussi très concerné par l'accueil fait à ses livres scolaires... qu'il s'empressait de mettre au programme de ses élèves (il n'y a pas de petits profits...). Force est de constater que J-F Ménard a un peu "lissé" le personnage de Lockhart dans la traduction, supprimant nombre de passages où il apparaît encore plus insupportable !

C'est d'ailleurs dans ce Tome 2 qu'apparaissent ces coupes quasi-systématiques, parfois deux lignes, parfois un paragraphe entier. Exemple p 46 : "...répondit M. Weasley en bâillant. ... Qui est-ce qui s'amuse..". Entre les deux, on a, en VO : There was some pretty nasty stuff that wasn't my department, though. Mortlake was taken away for questioning about some extremely odd ferrets, but that's the Committee on Experimental Charms, thank goodness. Rien d'essentiel, certes, mais pourquoi l'abandonner ? Il est vrai que remplacer in the tone of someone explaining that 1 + 1 make 2 par "dit-il d'un ton d'évidence" ne porte pas à redire...

p 68 : après "vitrine des magasins", on enchaîne sur "Ils virent Fred et George...". Il manque Ron gazed longingly at a full set of Chudley Cannon robes in the windows of Quality Quidditch Supplies until Hermione dragged them off to buy ink and parchment next door. In Gambol and Japes Wizarding Jokes Shop, they met Fred and George...

Et page 140, le Kwikspell, pardon, le Vitmagic (cours de sorcellerie par correspondance accélérés, pris par le concierge Rusard) se voit réduit à quelques lignes, puis "suivait une longue description...", alors qu'en VO, tout y est, comme sur les vrais prospectus à l'américaine, avec les avis enthousiastes des anciens utilisateurs de la méthode, et la police de caractères "artistique" à l'appui ! Cet humour-là passe pourtant sans problème dans tous les pays du monde, colonisés par l'imagerie et la publicité américaines... Dans le tome 2, ces coupes sont quasi-systématiques, une phrase toutes les deux pages en moyenne. Pour économiser le papier ? Dommage...
En certaines occasions, Ménard s'écarte un peu gratuitement (sauf l'immense respect que je lui porte !) du sens de l'original. Exemple : p 107 [Ron doit transformer un scarabée en bouton de manchette] "(sa baguette)
semblait impossible à réparer et lançait des étincelles en dégageant une épaisse fumée malodorante qui n'était pas du goût du professeur Mac Gonagall". VO : ... it seemed to be damaged beyond repair. It kept crackling and sparkling at odd moments, and everytime Ron tried to transfigure his beetle it engulfed him in thick gray smoke that smelled of rotten eggs. Unable to see what he was doing, Ron accidentally squashed his beetle with his elbow andhad to ask for a new one. Professor McDonagall wasn't pleased. Si ce n'est pas un raccourci saisissant, ça !

Autre exemple, p 282, "Il faillit planter son sécateur dans la main de Ron. "Aïe", s'écria Ron". VO : Harry hit Ron on the hand with his pruning shears. "Ouch ! What're you...". Entre frapper quelqu'un sur la main avec son sécateur et lui planter dedans, il y a une légère différence !

Même chose p 230 : his feet were agony in shoes four sizes too small "ses pieds devenus quatre fois trop grands pour ses chaussures subirent un véritable supplice". Il y a une marge entre "quatre pointures trop petit" et "quatre fois trop grand" ... le mot size a été pris au pied de la lettre ! Un peu avant, il n'y a pas de "métal en fusion" dans la VO, mais de la cire chaude (hot wax) qui fait des bulles (bubbled).

Dès la première apparition du personnage, on se demande à quoi correspond le nom bizarre de T.E. Jedusor... et la curiosité ne fait quez croître quand on s'aperçoit qu'il s'appelle
T.M Riddle en VO ! (riddle = énigme, devinette) ; aller jusqu'au "jeu du sort" semble un peu tiré par les cheveux... Quand on voit apparaître les prénoms français (Tom Elvis) comparés aux anglais (Tom Mariolo), on ne comprend pas davantage... Ce n'est qu'à la fin de l'ouvrage que la clé de ce changement de nom apparaît : en recombinant les lettres de Tom Mariolo Riddle, on obtient I Am Voldemort ! Ménard a dû se torturer les méninges pour, à partir de l'équivalent français (je suis Voldemort), arriver à Tom Elvis Jedusor. Ajouter un "u" et un "t" pour en faire Jeudusort, plus directement intelligible, était impossible... Bravo l'artiste !

Juste une petite remarque anodine sur un site excellent :

En anglais le vrai nom de Voldemort est Tom MARVOLO Riddle et non Mariolo comme tu l'indiques dans la page consacrée aux différences d'avec la VO. En effet, on ne pourrait pas faire le jeu de mot avec Mariolo, puis qu'il manque le V de Voldemort...Encore merci pour ce site, pleins de bonnes choses. de Costa <costa_forminus@hotmail.com>

Pour le reste de l'imagerie des sorciers et leur "civilisation", Ménard, désormais en terrain connu, se balade ! The Witching Hour devient "Salut les Sorciers !" (allusion à la célèbre émission de radio des années 60, "Salut les copains !"). Celestina Warbeck devient Celestina Moldubec... Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, le langage du gnome n'est pas très imagé, il se contente de manger des syllabes, dé déformer un peu quelques mots (Genoff me pour fiche-moi la paix, par exemple). Les Dr. Filibuster's Fabulous Wet-Start, No-Heat Fireworks deviennent les "Pétards mouillés du Docteur Flibuste. Explosion garantie sans chaleur" &endash; ce qui est somme toute exact s'ils sont mouillés ! Knockturn Alley se transforme en une poétique allée des Embrumes. Les associés Flourish & Blotts se voient francisés en Fleury & Bott, Mr Borgin & Burkes en M. Barjow & Beurk (notez le "w", dotant d'une distinction toute britannique un patronyme évoquant sinon une certaine folie), le professeur Miranda Goshawk devient Miranda Fauconnette (hawk = faucon). Quant à Moaning Myrtle, on la connaît en français sous le nom de Mimi Geignarde (to moan = gémir, se lamenter). Gladys Gudgeon devient Gladys Gourdenièze. Moins méchant, le phénix Fawkes devient Fumseck, et la Parselmouth se transforme en Fourchelangue (langue des serpents).


Côté magie, la
Floo Powder devient la jolie poudre de cheminette, un Mudblood est un sang de Bourbe, la formule magique Peskipiksi Pesternomi se prononce, en français, Mutinlutin Malinpesti (on reconnaîtra les pixies, lutins, chers à la mythologie de la Planète Gong de Daevid Allen). Pepperup devient une jolie pimentine (potion infirmière), le Polyjuice, au lieu d'un vulgaire polyjus, devient Polynectar (quelle classe !), la Moste Potente Potion est une potion de grands pouvoirs (eh oui, Ménard connaît son latin !). Quand Harry doit réparer son bras cassé, on lui donne en VO du Skele-gro (tiré de skeleton-grow), rendu en français par Poussoss. Le sort de Quickspell devient Vitmagic (traduction mot à mot). Quant à la swelling potion, pas de fioriture, c'est une potion d'enflure...

Plus concret, le House Championship devient la Coupe des 4 Maisons, la lettre bruyante qu'envoie Mrs Weasley à son fils,
a Howler, devient, de façon très imagée, une beuglante (howl = hurler). Le balai volant Cleanswap ("échange propre") devient le modèle Brossdur, et les Treacle Fudge se changent en "caramels d'Hagrid".

 

Tome 3, Le Prisonnier d'Azkaban/Prisoner of Azkaban

Le nombre de pages augmente... 300 pour le premier, 350 pour le deuxième... et pas moins de 460, en édition de poche, pour ce troisième volume des Aventures de Harry Potter. Publié en France le 19 octobre 1999, alors que la renommée du petit sorcier commence à croître, ce livre est beaucoup attendu. Sans doute Jean-François Ménard a-t-il dû le traduire en quatrième vitesse pour réduire le délai entre la sortie de la version originale et la version française. Il s'en est, comme toujours, fort bien sorti. Même si, comme nous allons le voir, les coupes sont encore plus nombreuses (au point de défigurer littéralement un chapitre !) et les approximations parfois hasardeuses, confinant au contresens ou à l'incompréhension &endash; et ce, jusqu'à la toute dernière page !

Le premier chapitre, récapitulatif, constitue une bonne révision des principaux termes "potteriens" &endash; quoique Jean-François Ménard en profite pour nous décocher, dès la douzième ligne, un Adalbert Lasornette qui n'a pas grand chose à voir avec Bathilda Bagshot, l'auteur de l'Histoire de la Magie que lit Harry sous son lit. Fort heureusement, la sorcière Wendelin the Weird reste Gwendoline la Fantasque page suivante.

Le Magicobus ("bus magique" est pris par un dessin animé américain) s'appelle, en VO, Knight Bus : jeu de mot sur night bus "bus de nuit", et Knight qui signifie "chevalier".

Voir : UN CERTAIN ART DE LA TRADUCTION , tome 3, Le Prisonnier d'Azkaban.

 

Tome 4, Harry Potter et la Coupe de Feu/Harry Potter and the Goblet of Fire

Le tome 4 compte, en édition de poche, plus de 750 pages ! Beaucoup d'observateurs l'ont fait remarquer, il s'agit davantage d'un livre pour adultes que les précédents tomes. Est-ce aussi un hasard si on y voir apparaître une journaliste de la Gazette du Sorcier, à la déontologie plutôt... douteuse ? C'est que Rowling a désormais accédé au rang de célébrité mondiale, et que la renommée a ses contraintes ! Comment mieux donner un exutoire à ses ranc¤urs que sous la forme d'un personnage antipathique ?

Allez visiter ce site de référence, avec des calendriers retraçant chronologiquement les événements décrits dans les livres, avec d'éventuelles remarques d'impossibilités :

http://www.i2k.com/~svderark/lexicon/

LE SON DANS HARRY POTTER

Véritable blockbuster de la fin 2001, le film tiré par Chris Columbus du premier volume des Aventures de Harry Potter a bénéficié de tout ce que la haute technologie peut offrir au cinéma. Trucages numériques d'image, plus de 20 superpositions d'animations numériques pour le match de Quidditch, morphing... la liste est impressionnante.

La bande son n'est pas en reste ! Même si cela se remarque moins, inventivité et subtilité sont de mise partout (sauf pour la musique, mais c'est là un autre débat). Le problème qui se posait à l'équipe de la bande son était pourtant difficile : il fallait faire "magique" sans pour autant faire "futuriste" ni "artificiel". Et inventer de nombreuses signatures sonores : après tout, personne ne sait le bruit que fait un balai volant, un Cognard ou un Vif d'Or !

la suite ultérieurement!

voir aussi : les problèmes des traducteurs de Stephen King

Franck Ernould est ingénieur du son, journaliste audio, traducteur technique. Il a publié deux ouvrages en collaboration avec Denis Fortier : Initiation au son, Cinéma et audiovisuel, Femis éd. 1996, et Home Studio, Dunod éd, coll Audio-Vidéo , 2003. Il a un site fréquenté par les amateurs de son : http://perso.club-internet.fr/fernould

Il a longtemps travaillé dans le secteur du doublage de films et de séries TV, ce qui l'a doté d'une prudente et permanente circonspection dès qu'on traduit quelque chose en français...

Sans pour autant adopter la position un rien extrémiste de l'acteur Jacques François ("Le doublage devrait être passible de correctionnelle !"), Franck Ernould est adepte absolu de la VO, que ce soit pour les films ou pour les livres, Il a trouvé en Harry Potter une bonne occasion de pratiquer la littérature comparée... et de tirer son chapeau à Jean-François Ménard, le traducteur attitré des Harry Potter, qui a fourni là un travail colossal, sans compter qu'il a certainement été confronté à des délais intenables pour rendre sa copie...

 
Jean-François Ménard vient d'ailleurs de traduire, toujours pour Gallimard Jeunesse, Artemis Fowl, d'Evin Coffer, ouvrage que certains verraient bien succéder à Harry Potter dans les ventes. Ce qui, après lecture de l'oeuvre, semble tout à fait improbable...
Ménard est lui-même écrivain, depuis une bonne vingtaine d'années : voici quelques titres de lui, glanés sur amazon.fr.

Le voleur de chapeaux, Poche (2000)
Léger gout d'orange sure, Broché (2000)
Du balai la sorcière
, Poche (1999)
Les Pieds de la sorcière, Broché (1999)
La sorcière Mangetout, Poche (1998)
L'enfant qui disait n'importe quoi, (avec André Dhôtel), Poche (1998)
Le fantôme du lac, La Mouche (Illustrations). Poche (1997)
La ville du désert et de l'eau, Broché (1997)
La belle anglaise a disparu, Poche (1996)
Le Vagabond du Middle West, Poche (1995)
Jimmy Lalouette, Poche (1995)
Fromage ou dessin, Poche (1994)
Calebasse d'étoiles, Broché (1989)
Quinze millions pour un fantôme, Poche (1980)


TRADUCTIONS

La guerre des Gaules, de Jules César, adapté par Jean-François Ménard. Broché (1997)
Le Rêve de la forêt profonde, Malcolm J. Bosse, Jean-François Ménard (Traduction). Poche
(1995)

Allez visiter ce site de référence Harry Potter, avec des calendriers retraçant chronologiquement les événements décrits dans les livres, avec éventuelles remarques d'impossibilités :
http://www.i2k.com/~svderark/lexicon/

. Harry Potter, de la version anglaise à la

version française , vol. 1 et 2, par Franck Ernould , étude

. Harry Potter, de la version anglaise à la version française , vol. 3, par Franck Ernould , étude 

.Le DVD analyse critique par Franck Ernould

.LE SON dans le film Harry Potter à l'école des sorciers, par Franck Ernould

Joanna K. ROWLING au ROYAL FESTIVAL HALL de LONDRES, 26 juin 2003. Voici la seule transcription/adaptation en français de cet événement. On trouve des transcriptions plus ou moins complètes et infidèles en anglais sur le Web. Celle-ci a été réalisée d'après un enregistrement intégral du webcasting original par Franck Ernould.

Livres publiés :

Franck Ernould, Denis Fortier

Home Studio

Dunod, 2e éd. 2003

Diplômé de l'ENSLL, Franck Ernould est ingénieur du son, journaliste, traducteur technique audio. Il collabore régulièrement aux magazines Audio Media France, Radio World International, Réalisa-SON, Sound Keys, Brodcast, Computer Music International, Musique Infos Hebdo... http://perso.club-internet.fr/fernould
Après avoir débuté sa carrière dans la production musicale, Denis Fortier est aujourd'hui spécialisé dans le développement de la télévision numérique interactive. Il est également expert dans les domaines de l'enregistrement sonore et du multimédia près de la cour d'appel de Paris
.

PRODUIRE DE LA MUSIQUE CHEZ SOI

Analogique ou numérique, constitué d'une console couplée à un magnétophone ou d'un ordinateur complété de logiciels spécialisés, le «home studio» est devenu un outil de production musicale incontournable. Du compositeur au groupe de musiciens amateurs, le home studio s'adresse au plus grand nombre et permet d'obtenir «à la maison» des résultats d'une qualité professionnelle. Sa pratique est à l'origine de l'essor de nombreux styles musicaux actuels comme le hip hop, la house, la jungle, le drum'n'bass, etc.
Après un bref rappel des données indispensables dans les domaines de l'électronique et de l'acoustique, les principaux équipements composant un home studio sont décrits un par un. L'art et la manière de choisir son matériel, de l'installer, de le câbler et d'organiser de façon ergonomique son studio personnel sont étudiés en détail, de même que des domaines aussi complexes que l'informatique musicale, les effets, les écoutes, les microphones et la prise de son...
Ce livre à vocation pratique donnera au lecteur, débutant ou confirmé, les éléments de base indispensables pour maîtriser les machines afin de s'en affranchir et de laisser place à la création et au plaisir. Bourré d'astuces et de conseils concrets, ce livre trouvera naturellement sa place sur les étagères d'une nouvelle génération de musiciens/techniciens/producteurs.

Franck Ernould

Denis Fortier

Initiation au son

Femis, 1996.

On trouvera dans cet ouvrage une initiation aux techniques du son dans le cinéma et l'audiovisuel sous forme d'un rappel des notions fondamentales (de l'acoustique à l'audionumérique), ainsi qu'un aperçu des méthodes (du tournage au mixage), des outils (des enregistreurs-lecteurs aux stations de montage virtuel) et des métiers (du perchman au designer sonore), des formations et des débouchés.

Franck Ernould, né en 1963, est diplômé de l'École nationale supérieure Louis Lumière. Ingénieur du son free-lance dans les domaines de la vidéo et du doublage, il est également journaliste (Keyboards, Home Studio Magazine, Son Mag, Timecode, Music & Business) et traducteur technique. http://perso.club-internet.fr/fernould

Denis Fortier, né en 1954, est spécialisé dans l'ingénierie culturelle et la production multimédia. Il est également expert auprès de la cour d'appel de Paris. Il enseigne par ailleurs les techniques audiovisuelles et multimédia. Denis Fortier est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le son et collabore au Monde.

Franck Ernould © 2001.
fernould@club-internet.fr
http://perso.club-internet.fr/fernould

 ce texte a été publié dans ma Revue trimestrielle

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saison # 14 - hiver 2001.

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